Tout Roule !

Tout Roule ! C'est quoi ? C’est l’histoire d’une famille qui décide de quitter un an sa vie quotidienne pour découvrir l’Europe à vélo. Tout roule, c’est le tout baigne du plagiste, c’est le tout schuss du skieur, c’est pour se souhaiter de vivre une aventure simple, joyeuse et riche. Alors oui, si on vous demande comment on va , vous pouvez répondre : TOUT ROULE !

  • « This is Serbia my friend » c’est ce que nous a répondu Dejan, un pêcheur qui campait comme nous le long du Danube un soir après nous avoir vu déplacer le lampadaire qui gênait les filles pour s’endormir.

    « Vous croyez qu’on peut faire ça ?

    – Bien sûr, ici c’est la Serbie mon ami ! »

    Ici c’est la Serbie mon ami, ce pays qui galope à marche forcée dans la modernisation mais qui garde encore des traditions séculaires. Deux extrêmes qui donnent parfois le tournis mais qui finalement en font le charme. Petit florilège de cette première moitié de traversée jusqu’à notre arrivée à Belgrade.

    Une fois la présentation des passeports faite devant le douanier nous voici donc au pays du fameux Nikola Tesla (on aurait pu dire aussi Novak Djokovic). Dès les premiers kilomètres on sent la bienveillance et la gentillesse des gens ici : coups de Klaxons sur la route et coucous aux enfants. Premier changement : l’alphabet ! Maintenant on passe à l’écriture slave, Yougoslavie signifie littéralement Slave du Sud. C’est à s’y perdre sur la carte et ça complique la lecture du GPS. Pas la peine d’essayer de lire le nom des villes, impossible pour nous de soupçonner la prononciation.

    On est rapidement surpris par la profusion de chiens qui maintenant ne sont plus toujours attachés et se baladent en liberté dans les bourgs et lézardent au soleil.

    Après une première nuit de camping sur le terrain de foot de Bezdan nous arrivons chez Mirko à Apatin qui est en train de terminer les travaux de jardinage de son camping avant de fermer pour l’hiver. On partage un goulash savoureux ensemble le soir avec sa femme Maria quand nous sommes interrompus par des sortes de hurlements qui évoquent plus le chant du loup …. Encore des chiens nous demandons ….. non des chacals ! Nous vérifions le soir sur Google un peu effrayés l’absence de risque qu’ils représentent. Cette nuit-là nous serons bercés par un mélange de cris de chacals, d’aboiements et de musique serbe traditionnelle jusqu’à l’aube que le voisin de Mirko passe en boucle à ses poules pour qu’elles pondent plus. Puis, à Bogojevo, nous installons notre tente dans la cour arrière d’un café. C’est là que nous rencontrons donc Dejan, qui le lendemain matin amène Jean-Baptiste et Maxime faire un petit tour de barque sur le Danube au lever du jour.

    Nous poursuivons la traversée de la Voïvodine entre petits bourgs un peu tristounes et grandes étapes de pédalage seuls au monde. Souvent on retrouve la digue construite à l’époque soviétique qui a changé la vie des habitants ici, avant les débordements du Danube rendaient la vie des gens impossible.

    À Backo Novo Selo on campe devant l’hôtel du village et on nous donne gratuitement la clé d’une chambre pour aller prendre une douche. Puis a Bačka Palanka on dort cette fois-ci sur la plage aménagée le long du Danube. En face c’est la Croatie.

    On retrouve ici, par certains détails, un peu de la vie plus rustique que vivaient nos grands parents. Ces bourgs traversés par la grand route avec de chaque côté un genre de grande douve dans lesquelles on fait tomber les gouttières des maisons. Partout dans les petits cafés et dans les maisons on se chauffe au poêle à bois. Dans les villages, ça sent le feu de cheminée.
    Ici on redonne un coup de jeune aux pneus de voiture usés en les vulcanisant. Très fort tabagisme : on fume dans les restaurants et les cafés, et absence totale de tri des ordures. Les bords de route font souvent office de poubelles. Jamais de casque à moto ou en vélo.

    Les filles deviennent de vrais aventurières, l’autre jour, France a proposé de récupérer des plumes sur un poulet préparé pour être mangé pour les mettre dans le sac de couchage ou dans la doudoune.

    Nous arrivons à Novi Sad où Milos et Vojka nous hébergent chez eux. Les filles sont contentes de trouver des nouvelles copines et toute la famille apprécie de dormir une nuit au chaud à l’intérieur. Nous sommes accueillis avec de délicieuses pâtisseries salées et sucrées cuisinées par Vojka. On goutte aussi des sarmas faits maison : sorte de paupiettes de choux saumurées farcies de riz et de viandes qui mijotent. Délicieux ! C’est aussi grâce à eux que l’on comprend que l’Ajvar ne se mange pas, comme nous l’avions préparé, chaud en sauce avec des pâtes et de la viande mais est bien un condiment qui s’étale sur du pain. Le lendemain, Vojka se lève à 5h pour nous préparer de délicieux gâteaux traditionnels pour le petit-déjeuner avant de partir travailler.

    Novi Sad a été, il y a quelques années, endeuillée par l’effondrement du toit de la gare. Accident, qui après enquête se révèle être lié à un vaste système de corruption. La colère de la population a donné lieu à la formation d’un parti politique dit parti des étudiants qui a en premier lieu demandé la conduite d’élections législatives anticipées. Ce sont ces élections qui auront lieu dans quelques jours et il y a de la tension entre les partis. On nous recommande d’être vigilants.

    On reprend la route et ça monte ! Passage de jolis villages dans les vignobles et nous arrivons à Surduk, camping à la ferme puis Belgrade.

    L’arrivée à Belgrade est rock car il n’y a finalement pas beaucoup d’options pour rejoindre le centre. On se retrouve donc rapidement à longer une nationale étroite qu’on partage avec d’énormes camions, bus et voitures. Puis ce sont les bouchons : il faut alors zigzaguer entre les voitures et slalomer entre les gens qui sortent des bus pour avancer plus vite. Sur la route, Dušan nous arrête pour nous offrir un carton entier de goûters pour les filles. Il a 4 enfants et nous a repéré un peu plus haut. On est obligés d’en refuser une partie, tout ne rentre pas dans les sacoches.
    Belgrade de prime abord n’est pas une ville musée comme les capitales vues avant. Ici on casse on reconstruit sans grande unité. On arrive soulagés à l’appartement loué pour quelques jours.

    Bezdan et Sombor

    Apatin, camping de Myrko et Maria

    Bogojevo et Dejan, notre voisin pêcheur

    Camping devant l’hôtel à Backo Novo Selo

    Camping sauvage à Bačka Palanka avec vue sur la Croatie puis courses à Čelarevo

    Quelques km avant Novi Sad

    Novi Sad

    Sremski Karlovci

    Surduk, Belegiš, Stari Banovci

    Arrivée à Belgrade

  • C’est le cœur lourd que toute la famille quitte Vienne après une semaine comme elle est arrivée : en suivant le Danube. Une semaine privilégiée où les cousins nous font découvrir leur chez eux depuis 10 ans maintenant. Il n’y aura donc pas eu de visite de musée ni de café viennois mais la sortie d’école du lycée français et la fête à la kiga (garderie) ! Les filles regardent admiratives ces petits bonhommes qui leur traduisent tout ce qu’on entend ou voit autour de nous et qui trottinent dans les couloirs du métro toujours en quête d’un but qu’on simule de marquer. Oubliez donc Sisi et les valses de Vienne et écoutez donc à la place Gut Genug (https://www.youtube.com/watch?v=0GnA8VYOfko), c’est la musique qui aura tourné en boucle tout notre séjour !

    On laisse volontiers France et sa cousine, Mahault, jouer à la tyrolienne dans les nombreuses aires de jeux pour ne pas louper le goûter au pain turque : sorte d’énorme galette moelleuse qui va à merveille avec le nutella.

    Cette fois-ci c’est la balançoire que Maxime nous surprend à faire fonctionner seule.

    Vienne est une belle ville, un peu endormie, que Marine et Benjamin nous racontent au restaurant (grâce à Anouk, la baby-sitter) ou le soir en rentrant du travail. Cette cohabitation généreuse à 12 dans leur appartement nous permet aussi de nous re-synchroniser avec la vraie vie : école intensive car il y a un peu de relâchement. Évidemment, pour fêter la fin de la semaine, difficile d’échapper à un petit tour au Prater, grand parc d’attraction de Vienne.

    Ils nous font aussi découvrir la bande dessinée d’Isabelle Del Real qui est partie de Bretagne à vélo et qui a roulé vers Téhéran : « Plouhéran ». C’est une aventure bien différente mais on s’amuse à retrouver racontées des sensations qui nous sont franchement vraiment familières. Celle des départs difficiles quand on s’arrête longtemps quelque-part. Celles de la peur de la bête du Gévaudan dans les nuits de camping sauvage pour mieux en rire le lendemain au réveil et de se jurer que non on ne nous y reprendra plus la nuit prochaine. Il y a que nous vivons des vies «encapsulées », comme dirait Pascal Chabot, dans un confort inégalé mais complètement isolées de la nature qui nous entoure alors nous retrouver comme ça nécessite parfois un peu d’effort.

    Un effort salutaire.

    En allemand vin se dit wein, le jeu de mot est tout trouvé pour raconter notre week end car si Vienne (Wien) est construite sur un plateau, elle est entourée par des collines où pousse du raisin. Alors, à cette saison, quand il fait encore beau et que les vendanges sont faites, s’improvisent des petits bars champêtres entre les pieds des vignes et accessibles en métro. Un dernier excellent souvenir de cette halte.

    Gut genug, ça veut dire c’est assez et il faut donc repartir car on a encore du chemin à découvrir et de nouvelles aventures à vivre. Comme un bon présage il fait très beau et c’est ce même soleil que nous aurons eu sans interruption depuis 1 mois maintenant. Finalement c’est presque comme si c’est maintenant en octobre qu’on vit notre été. La sortie de Vienne surprend un peu les filles car certaines parties des berges sont nudistes et quand c’est un cycliste tout nu qui passe devant elles, alors là c’est vraiment trop gênant et marrant en même temps.

    A part le samedi et le dimanche assez peu de  monde sur la route. Le Danube étant à un niveau historiquement bas il n’y a pas de trafic de péniche sur le fleuve ni de croisière touristique…. On est donc pas mal isolés dans cette nature avec camping sauvage le long du fleuve. Souvent les affluents sont complètement à sec et on pense comme l’été a dû être chaud ici. Pensées pour Aurore et Marc, nos amis qui ont dû écourter leur voyage à vélo cet été à cause de cette canicule. Deux jours après avoir quitté Vienne, on rentre en Slovaquie et on contourne au loin Bratislava. Quelques heures plus tard on rentre en Hongrie, 3 pays le même jour. Notre premier stop Hongrois se fera dans le camping du village de Rajka, où grâce à Suzanne nous avons pu vérifier par un simple aller-retour en voiture qu’il était bien ouvert avant de s’engager à vélo dans la campagne à la tombée de la nuit. Finalement, le Danube nous fera repasser en Slovaquie deux jours plus tard : Veľký Lél puis Moča dans le jardin de Monica et Vlado qui nous accueillent avec un verre de « disinfection » comme ils disent. C’est en fait de la pàlenka, sorte d’eau de vie faite à base de fruits qu’on est toujours très fiers de nous présenter comme une fabrication maison. Un peu la course au titrage 48, 50 une fois même 52 degrés ! Ça donne de la force pour monter la tente. Puis Sturovo, Chl’aba. Toujours un peu les mêmes paysages avec d’un côté le Danube bien silencieux et de l’autre ces gigantesques champs qui n’ont pas grand chose de comparable avec du bocage breton. Les tracteurs grattent le sol pour préparer la terre en attendant la pluie, mais qu’est-ce que la terre est dure ! Cécile réussit l’exploit de casser en deux une sardine à force de vouloir l’enfoncer dans le sol. Les filles jouent avec les épis de maïs desséchés comme des micros, un coup animatrices radio un coup chanteuses.

    Et puis c’est le retour en Hongrie juste avant Vác. Ce jour-là on fête les 13 ans de Jeanne dans une gargote au bord du Danube. Les tenanciers prennent le temps de nous faire découvrir des plats traditionnels que toute la famille apprécie : Palócleves (mélange de légumes et de viande dans une soupe qui ressemble à un bouillon) et Székelykaposzta (ragout de chou fermenté et de saucisse). Premier constat de Français prétentieux (ce qui est, il faut bien le dire, la réputation que nous avons chez nos voisins européens) : c’est un pays loin d’être à la traîne en terme de développement et le coût de la vie y est absolument comparable à celui de la France.

    N’empêche c’est vraiment un nouveau pays : déjà la langue y est très différente et pour cause aucune autre langue n’a des bases communes avec le hongrois, excepté un peu le finlandais. Que vous soyez slave, germanique ou roman vous ne trouverez aucune transparence dans les mots avec le hongrois. Cet isolement linguistique associé à une histoire contemporaine marquée par des défaites et donc des pertes de territoire amène même certains à dire qu’il y a un peu de mélancolie dans la psyché nationale. Mais cet état d’esprit est balancé par une grande richesse intérieure et ça se sent. La Hongrie présente l’une des plus fortes proportions de prix Nobel par habitant. Il faut être hongrois pour avoir inventé le Rubik’s cube. Le passage en Hongrie ne change pas grand-chose à la qualité des pistes cyclables jusqu’à Budapest.

    Tous les soirs nous enchaînons des nuits de camping sauvage avec feu de camp le long du Danube et arrivés à Budapest, cela fait quatre jours que nous ne sommes pas lavés ! Justement l’arrivée à Budapest est extraordinaire parce que le Danube fait un coude juste avant et la ville se laisse découvrir finalement par surprise. D’abord c’est la partie montagneuse que l’on voit, Buda et son château en hauteur. Puis d’un seul coup au détour d’un virage, on voit l’autre côté de la ville, Pest. Et là c’est grandiose car le parlement est spectaculaire. L’arrivée en ville est douce, pas de grands axes routiers mais toujours ces bords de Danube que nous longeons un dimanche et donc bondés de Budapestois en balade à pied où à vélo à profiter du soleil. Au détour d’un carrefour, nous faisons la connaissance de Denis qui vient de Nantes, mais qui habite ici depuis plus d’une dizaine d’années. Il promène son fils avec son vélo qui fait déjà bien envie à Maxime. Rendez-vous est donné le lendemain et c’est par Denis et grâce à son cercle d’amis à l’aire de jeux d’enfants que nous en apprenons plus sur ce pays. Finalement, l’histoire récente ici est comparable à celle de la République Tchèque avec une quarantaine d’année de communisme à la sortie de la seconde guerre mondiale et des répressions violentes qui laissent un souvenir douloureux de cette période. Par contre, ici il n’y a pas eu de bascule de régime par la révolution : les élites communistes ont su sentir le vent du boulet et appliquer avant qu’il ne soit trop tard les réformes et ouvertures nécessaires. Denis nous donne aussi de bonnes adresses de sites à visiter et de restaurants très sympathiques. À la fin du communisme, l’immobilier étant relativement peu cher, de grands bâtiments ont été achetés et laissés en l’état pour être transformés en resto ou café. Ce sont les fameuses Romkocsmák ou ruine-bars. On trouve ça vraiment rigolo et déglingué-joli (on pourrait aussi dire bobo).

    L’appartement que nous louons est super, idéal pour une pause bien méritée de quatre jours et de douches ! On fait l’école, et on visite l’après-midi.

    La ville est vraiment magnifique. Au niveau boissons, il faut raconter comment les hongrois sont fans des boissons gazeuses. Souvent d’ailleurs l’eau est produite à partir d’un siphon comme on en voyait dans le temps dans les bistrots en France et cette eau gazeuse est pour les adultes souvent coupée avec du vin blanc. Ça s’appelle un Fröccs. C’est très désaltérant. On choisit la proportion de vin par rapport à la proportion d’eau et on ne rigole pas avec ça. Chaque proportion a un nom bien à elle. Le vin est de bonne qualité. La limonade aussi est excellente. Rigolo de voir ces vieux objets d’antan qui ont bien une utilisation quotidienne. La cuisine aussi est délicieuse, le pain, rien à dire. De nombreuses spécialités culinaires à base de choux, c’est souvent très fin. Finalement, de tous les pays traversés depuis le début de ce voyage, la Hongrie est peut-être l’un de ceux pour lequel la cuisine est si différente, et si délicieuse.

    Un après midi, on profite d’une autre spécialité de la ville. On va lézarder au soleil dans une piscine extérieure à 32 degrés avec fontaines rafraîchissantes au milieu. On soigne notre culpabilité écologique car l’eau vient de sources chaudes à 68 degrés coupées à l’eau froide. Pendant ce temps, à tour de rôle, car elles sont réservées aux adultes, les parents vont profiter des mêmes eaux plus chaudes dans d’autres bassins et ça fait du bien : Cécile s’endort même dedans ! La nuit qui suit est lourde pour tous.

    Pour finir, nous repartons vers le sud, et là, même s’il reste encore beaucoup de pistes cyclables, on voit bien que c’est moins touristique. On commence à voir les premières charettes sur la route. Partout des chiens qui aboient le jour comme la nuit comme un bruit de fond mais sont toujours derrière le portail ou attachés à une chaîne. Ça se balkanise. Les plus jeunes tuent le temps en s’amusant à faire des acrobaties avec leurs trottinettes électriques. On ne fait plus nos courses dans des supermarchés mais plutôt dans les nombreuses supérettes des villages. Ici, les rustines de vélo s’achètent à l’unité ce qui nous est bien utile car depuis le début de notre entrée en Hongrie on a crevé une dizaine de fois ! Sur la route, quand il faut remplir les gourdes, c’est une fontaine au coin des rues qu’on actionne à la main comme il y en avait chez les grands-parents pour faire remonter l’eau. Très peu de monde sur la route, mais maintenant tous les cyclotouristes que nous croisons sont des voyageurs au long cours. Un soir, à Rackeve, on rencontre un couple d’anglais : Georgie et John qui partent pour la Chine en suivant un itinéraire proposé par Google IA. Ils ont une cinquantaine d’années, n’ont plus d’enfants à charge et ont deux ans devant eux. Plus loin une rencontre saisissante avec un groupe de quatre sud-africains de plus de 70 ans (1 femme et 3 hommes) qui roulent vers la Grèce depuis Munich : la classe ! On sera heureux de les retrouver au camping de Baja pour une soirée partagée autour de nos tentes. Maxime n’a de cesse d’aller solliciter ces grands-parents de remplacement. On passe de supers moments entre cyclistes. Presque toujours camping sauvage avec le feu de camp et les automatismes appris en Scandinavie cet été nous aident bien. On a la chance d’avoir une météo toujours aussi clémente avec un pédalage très agréable, même si les températures se sont un peu adoucies. Le matin il fait froid maintenant mais rapidement on se réchauffe dans la journée ! Le vrai sujet c’est le raccourcissement des jours car dès 18h15 il fait nuit noire, il faut donc nous organiser différemment. L’important est de trouver ou planter la tente avant la nuit.

    Un soir in-extremis avant le coucher du soleil, à Solt, Katarina et Laslo nous ouvrent les portes de leur jardin comme on reçoit des petits enfants. Laslo est un fin pêcheur, il s’y connait en camping et nous aide à cuisiner les saucisses qu’il est allé acheter pour nous. Le lendemain, distribution d’étrennes : 20 000 forints (50 euros) qu’il nous demande de dépenser pour les enfants.

    Vous aurez sûrement du mal à nous croire, mais la Hongrie est le troisième pays d’Europe en terme de pistes cyclables (derrière la Hollande et le Danemark). Pourquoi ? car la Hongrie est un pays plat et il n’y a pas eu ici de fabricant national de voiture qui a démantelé le réseau des routes vélos. Les gens ont gardé l’habitude de beaucoup se déplacer à vélo et ce n’est pas un cyclisme de sport ou de farniente, mais bien du vélo utilitaire.

    Une dernière nuit le long du Danube avant Mohács et nous voilà aux portes de la Serbie.

    Vienne, Prater, les vignes…

    Sortie de Vienne, entrée en Slovaquie, Bratislava

    Hongrie : Rajka, Ásványráró puis retour en Slovaquie : Veľký Lel

    Slovaquie : Moča chez Monica et Vlado, Štúrovo

    Slovaquie : camping sauvage entre Štúrovo et Chl’aba

    Retour en Hongrie : Vác. Joyeux Anniversaire Jeanne !

    Szentendre

    Budapest

    Sortie de Budapest, Rackeve, Solt chez Laslo et Katarina, siphons d’eau gazeuse

    Baja avec nos copains Sud-Africains

    Dernier camping sauvage en Hongrie avant Mohács

  • En arrivant ici on entre dans une toute autre Europe (l’Europe centrale) avec une histoire différente et à ce titre celle de la République Tchèque est bien singulière. D’abord morceau de l’empire Austro Hongrois, elle est sortie de la première guerre mondiale indépendante mais ça n’a pas duré longtemps car à la sortie de la seconde guerre mondiale elle est passée satellite de l’URSS. Le retour à l’indépendance a dû attendre la perestroika (révolution de velours) après plusieurs tentatives réprimées violemment par les soviétiques (Printemps de Prague). Autant de sujets qui sont l’occasion de bonnes discussions avec les enfants qui découvrent un peu tout ça. Un Tchèque de nos âges a connu le communisme jusqu’à ses 8 ans puis l’indépendance. On mesure comme tout ça n’est pas si loin. Impossible de ne pas évoquer Václav Havel, sorte de Nelson Mandela de la Tchéquie ni Jan Pallach qui pour rappeler la menace soviétique à ses concitoyens s’est immolé à Prague. Tout ça encore aujourd’hui fait réfléchir surtout dans le monde actuel. Ne pas perdre de vue que l’Ukraine est à moins de 1000 km d’ici.

    Nous voici donc partis pour visiter Prague et on a raison de dire que c’est la ville aux 1000 clochers. On pourrait dire aussi qu’elle est la ville aux 10 000 pavés et si vous rajoutez les rails de tramway vous comprendrez que Prague n’est pas une ville facilement cyclable. Ce n’est pas grave car notre appartement bricolé avec ses plafonds à 3 mètres et son parquet époque est en plein centre. Idéal pour visiter à pied donc une ville follement romantique. Super pour flâner, se promener au hasard des ruelles. En plus il fait chaud et super beau !
    En Tchéquie aussi on aime les glaces italiennes mais maintenant c’est le cornet qui change. Ici on on les mange dans des Trdelník : tube de pâte feuilletée enduit de sucre glace.

    Dans le toboggan d’un parc pour enfants au pied du pont Charles, France et Maxime rencontrent Elliot et c’est comme ça que nous faisons connaissance avec sa maman. Pauline est française, elle vit en Tchéquie depuis plusieurs années. Elle est danseuse classique à l’opéra de Prague et elle a mis sa carrière entre parenthèses pour faire un bébé avec son mari lui aussi danseur. Discussion idéale pour mieux comprendre où on se trouve, savoir quoi voir, quoi faire. Elle répond avec beaucoup de joie à toutes nos questions. Sa vie de danseuse nous fascine un peu aussi.
    C’est comme ça qu’on se retrouve à déjeuner dans le café Louvre, là où rien n’a changé depuis le temps où Einstein venait lui aussi déjeuner et jouer du violon. En 1948 la vie du café est interrompue par les communistes jusqu’à sa réouverture en 1992. C’est aussi comme ça qu’on suit une promenade parfaite entre une aire de jeux et Le Château de Prague avec belle vue sur Prague et visite de la rue dorée.

    Puis c’est parti pour le sud, pour la traversée de la Bohème en suivant des routes de campagne que l’on appelle la Green Way Prague-Vienne. L’absence de camping sur la route nous oblige à tous les soirs demander autour de nous où poser la tente et ce n’est vraiment pas grave car c’est l’occasion de faire de vraiment belles rencontres. Chaque matin une nouvelle histoire, chaque jour c’est l’inconnu : une douce vie de bohème !

    A Dobrejovice, Pavel et sa fille Aneta nous ouvrent leur jardin avec piscine alors que la nuit tombe et qu’il est vraiment temps de trouver une solution. Beau moment d’échanges et de discussions avec aussi leur voisin Jo. Le lendemain, alors qu’ils sont partis travailler on trouve un sac de viennoiseries qui nous attend pour le petit déjeuner. A la sortie du village, on fait un stop réparation de vélo. Le tenancier du magasin, Jacob, passe plus de 1h30 à réparer le dérailleur de Jeanne qui couine et à faire plusieurs autres petites réparations. Au moment de payer, parce que tout n’est pas une affaire d’argent comme il dit, c’est gratuit.
    Plus tard, un midi de pluie, à Cenetice, Raphaëlle souffle ses 11 bougies. L’esthétique gravel ne lui ayant pas échappé, elle a maintenant la tenue parfaite qu’elle porte depuis, tous les jours. Il va juste falloir qu’on trouve un moment pour la laver. Ce jour-là, Jacob, et Christophe, son fils, nous proposent de nous installer dans la maison communale. Finalement on y reste tout l’après-midi puis la nuit le temps que la pluie s’arrête. Ce qui est incroyable dans ce voyage c’est qu’en s’exposant à des situations difficiles et inconnues on se rend compte qu’il y a toujours une bonne étoile qui nous sort des mauvaises passes, alors on ne s’inquiète plus et on avance confiants et sereins. De quoi garder notre foi en l’humanité. Plus loin, à Neveklov, nous plantons notre tente chez Katka rencontrée au détour d’un carrefour. Il ne lui faut pas plus de 3 minutes pour nous inviter chez elle et ses 3 enfants. Soirée à cuisiner au chaud et sans frontale, on savoure le bonheur d’une bonne douche chaude à tour de rôle pendant que les enfants jouent aux cartes tous ensemble. Le lendemain on rencontre son mari, Pavel, pompier à Prague, qui nous a ramené le pain frais et les viennoiseries après sa nuit d’astreinte. On y serait bien restés plusieurs jours mais il faut repartir dans les côtes ! À chaque fois cette même curiosité : savoir ce qu’on pense de ce pays ? De leurs concitoyens ?

    Les Tchèques sont largement catholiques, partout sur la route on voit des calvaires et très souvent il est inscrit, au dessus de la porte d’entrée, à la craie bénite les initiales des trois Rois Mages (K + M + B) suivis de l’année en cours. Cette inscription se fait chaque année le jour de l’épiphanie pour bénir les foyers.

    La route est d’abord vallonnée avant de nous mener à un plateau plus facile à pédaler. La veille de notre 5ème mois de voyage on a la surprise de rencontrer notre première famille à vélo au long cours : même vélo, même itinéraire, même sandales ! Incroyable ! Anke et Frederick, sont partis il y a 1 mois de chez eux : la Belgique. Ils voyagent vers l’est pour 1 an, avec leurs enfants Léo et Marta (4 et 6 ans). On passe avec eux une très bonne soirée à discuter une fois les enfants couchés en se promettant de nous revoir plus loin sans trop savoir où.

    Puis nous traversons la réserve de Trebonsko avec d’immenses forêts où sans le GPS il est clair qu’il ne faudrait pas longtemps pour nous perdre avec les conséquences dramatiques qu’on imagine. Les troncs font comme des images stéréoscopiques en les passant à vélo. On dirait un peu les dessins d’Anthony Browne. Tout ça amuse bien les enfants, on avance vite. Le soir on est heureux d’installer notre tente à Barbora autour de la ferme de Martina et son mari. La forêt, c’est sombre, c’est grand, ça impressionne.

    Alors place à de grandes prairies où les maisons n’ont pas de clôture et où le voisin est à plusieurs km. On voudrait continuer vers la Moravie de Milan Kundera mais nous devons descendre et avancer plus vite pour échapper au froid qui progresse. On arrive déjà à la frontière avec l’Autriche où à Gmünd il est conservé un morceau du rideau de fer. La route recommence à monter pendant quelques jours. Même si on n’a pas gagné en vitesse après tous ces mois à vélos, on se sent plus puisants, les côtes à 12% ne nous résistent plus ! Mais on est quand même contents de retrouver de la descente vers le beau Danube bleu en passant par la vallée de Wachau.

    À l’abbaye de Melk, les cousins viennent à notre rencontre pour un après midi pique-nique. Retrouvailles joyeuses qui motivent les filles à faire les 120 km qui restent au pas de charge pour rejoindre Vienne et leur appartement en 2 jours. Nous y posons les sacoches pour une semaine de repos et de vacances.

    Au rayon des petites nouvelles familiales : Jeanne et Raphaëlle ont perdu la même dent de lait le même soir. Joséphine dort maintenant une fois par semaine, les mardis, avec l’une de ses sœurs sans ses parents dans la petite tente. Le partage du vélo de Joséphine avec France est toujours autant source de disputes. France voudrait son vélo. Cécile voudrait un vélo moins lourd. Et Maxime nous a fait la surprise d’apprendre à pédaler toute seule en 1 heure sans qu’on s’en rende compte pendant qu’on pliait les tentes un matin. Bref les enfants grandissent !

    Prague

    Les premiers km en République Tchèque et nos bons Samaritains.

    HB Raphaëlle

    Chez Katka et Pavel

    Nos copains Belges

    Campagne Tchèque, repas à la frontale, Tabor, K+M+B 2026 …

    Trebon

    Forêt de Trebonsko

    Frontière République Tchèque-Autriche à Gmünd et ancien rideau de fer

    Premiers km en Autriche

    Melk et retrouvailles avec les cousins

    En route pour Vienne le long du Danube

  • Göteborg est une grande ville étudiante dont le souvenir le plus marquant restera l’auberge de jeunesse. Les filles sont au spectacle devant ces backpackers aux looks variés, aux habitudes alimentaires et au rythme qui ne sont pas ceux que papa et maman nous font suivre. Il faut écrire son nom sur la bouteille de lait dans le frigo collectif et France doit apprendre à ne pas utiliser toute la cuisine pour faire sa vaisselle. N’empêche, ils sont trop cool ces jeunes avec leurs tatouages et leurs fringues vintages et c’est stylé de prendre du beurre de cacahouète au petit dej sur sa waza. Entre les hipsters végétariens, vegan et les musclés fashion adeptes du régime hyper protéinés on a un éventail large. 

    Puis on repart vers le sud et si un jour on vous demande combien font 4 et 4 vous avez le droit de répondre Kattegattleden. Car c’est le nom de la voie cyclable qui relie Göteborg à Helsingbørg. On parle de 390 km de piste cyclable aménagée que nous aurons engloutis en 2 semaines. Pas de quoi triompher c’est absolument plat, la piste est parfaite et elle suit un littoral de grandes plages de sable. En route, on croise différents types de voyageurs : le couple de mignons en Gravel, des familles (les premières depuis le début du voyage), des retraités à vélo électriques en groupe, le père et son fils ado. En fait dès le premier jour on croise plus de voyageurs à vélo que depuis plusieurs mois réunis. Alors on se salue et on se fait des coups de sonnette. Échanges de sourire, c’est l’esprit vélo.

    Finalement au niveau paysage c’est un peu comme la Bretagne : autant au Nord de Göteborg on avait plutôt une côte dentelée avec du relief et des tas de petites îles autant la partie Sud est plutôt plate avec grandes plages de sables blancs. 

    On arrive donc à se baigner régulièrement et la mer est moins froide qu’en Bretagne !

    À cette période de l’année le gros rendez vous c’est le départ des oiseaux migrateurs qui prennent la route du Sud pour passer l’hiver et elles sont belles ces oies qui volent en faisant des V. Le peuple migrateur de Jacques Perrin. On s’imaginerait bien partir avec elles car pour nous aussi il est temps de descendre pour garder la chaleur mais nous ne sommes pas Nils Holgersson alors il nous faut donner des coups de pédales. 

    Une autre rencontre étonnante ce sont les lièvres qui le soir tournent autour de la tente. Gros comme des chiens ! On se demande si on ne délire pas mais ils sont bien réels ! 

    Planning assez bien rodé donc pour cette fin de séjour Suédois entre quelques baignades-vélo-campings-cafés aussi pour un goûter bien mérité où Jeanne cherche toujours son cheese-cake. Les autres sont moins exclusives : carrot cake ou gâteau au chocolat. Papa s’occupe de toute façon de finir les assiettes. 

    Un soir à Laxvik on dort dans un petit camping tenu depuis 4 générations : déjà en 1919 des gens campaient là l’été et il y a des photos ! Les styles de camping changent mais les arbres, la vue sur la mer et même le corps de ferme sont restés les mêmes. Les hommes passent dans un monde qui lui n’a pas la même échelle de temps. J’ai lu un jour que l’onde qui fait la houle est depuis des millénaires la même et s’auto-entretient indéfiniment ce qui permet de dire que les vagues qu’on voit aujourd’hui sont les même que celles qui poussaient Christophe Colomb vers l’Amérique.

    Un soir seulement, entre Ranarp et Lervik, on aura pu faire du camping sauvage dans un petit bois rempli de panneaux nous interdisant de le faire. Curieux pour un pays qui met en avant sa fameuse loi Allemansrätten c’est à dire celle qui autorise un droit de libre accès à la nature. Au final ce soir là c’était 15 tentes : un vrai camping sauvage quoi !

    Les choses ont-elles changé depuis notre passage dans ce pays il y a 18 ans ? En tout cas, de façon générale et contrairement aux autres pays de la Scandinavie, la Suède nous donne l’impression d’être tombée dans une obsession sécuritaire avec caméras partout, panneaux précisant les limites des propriétés et rappels à la loi souvent affichés. Dans tous les commerces et les bâtiments publics, à la sortie, il y a une toise avec un code couleur qui est dans l’axe de la caméra de vidéo surveillance. Ainsi, en cas d’infraction ou de vol la police est plus vite informée de la taille approximative du suspect à chercher. Aussi deux fois, on nous rappelle de payer tout de suite de peur qu’on parte avec les vélos comme des voleurs. Dans ce contexte, on voit mal comment cette liberté au camping sauvage peu perdurer longtemps. 

    Arrivés à Helsingbørg il faut prendre un bateau pour retourner au Danemark (les ponts entre les 2 pays sont interdits aux vélos) et là on débarque à Helsingør.

    Visite du château d’Helsingør où Shakespeare fait se dérouler Hamlet et où l’exposition sur le train de vie du roi Frédérick II nous amuse bien : quel bambocheur ! La mode à sa cour était d’être le plus saoul possible, c’était la classe ! Des repas gargantuesques, de la musique et des jeux … pépère s’amusait même à se déguiser en reine. Et c’est vrai que les Danois sont bon vivants, ça n’échappe pas à Joséphine qui note que les terrasses sont bondées. On rigole, on fête la fin de l’été. Beaucoup plus spontanément on vient vers nous pour nous demander ce qu’on fait avec toute cette cargaison de vélos, de sacs et de gosses.

    Sur la route, un dernier shelter à Nivå, en souvenir de notre passage au début de l’été. C’est une biche qui nous attend devant comme pour nous souhaiter la bienvenue. Mais les journées sont plus courtes maintenant, désormais le repas et la vaisselle se font à la frontale.

    Et puis enfin, c’est la capitale København ! 5 nuits pour se poser, faire des machines, de l’école, acheter ce qui manque et réparer. Ça fait du bien ! Ici c’est la Mecque du vélo citadin, sans aucun doute. Vous avez un réseau super avec au carrefour des petites rampes devant les feux pour vous tenir sans être obligés de mettre pied à terre. Si des camions doivent se garer ou des travaux sont en cours c’est sur la route-voiture qu’on empiète pas sur la piste cyclable. Ici le It Bike n’est plus le vélo 3 roues avec une caisse à l’avant (démodé) non le must have c’est l’Omnium…. Il y en a partout ! Et si votre pneu avant peut être bleu plutôt que noir alors là vous cochez toutes les cases. N’oubliez pas le code si vous tournez en indiquant avec la main (ça tout le monde connaît) mais si vous freinez ou souhaitez vous arrêter alors il faut faire le salut indien 🖐️.

    Passage par Christiania, le quartier baba cool où il semble que les hippies soient en voie de disparition. 

    Visite inspirante de la maison de Finn Juhl, architecte visionnaire qui en 1940 dessinait maisons et objets comme c’était la mode dans les années 80. Attenant, le musée Ordrupgaard où est exposée une magnifique collection de peintures françaises : Renoir, Degas, Guillaumin, Pissarro, Gauguin, Monet …

    Surtout flâner, profiter …. Profiter pour faire de l’école. Et le jour de la rentrée des classes, pour soigner le blues des copines et de notre vie en France : journée à Tivoli. Sorte de mélange baroque où attractions dernier cri cohabitent avec théâtre de guignol et vieux manèges d’époque.

    Depuis le premier Mai de cette année, à l’initiative de l’Union Européenne et pour encourager les projets de trains transfrontaliers, une nouvelle ligne de chemin de fer a été inaugurée reliant Copenhague à Prague. Une aubaine pour nous car c’est un moyen simple pour gagner du sud et de la chaleur. D’ailleurs, la météo grise et froide qui arrive en ce moment au Danemark nous conforte dans cette décision.

    Problème : pas assez de place pour les vélos des filles … on rentre donc avec 7 places pour nous mais que 2 places vélos (il en manque donc 3). On a bien raison de ne pas rentrer confiants car la contrôleuse nous vire sans ménagement dès la première gare en banlieue de Copenhague. Impossible pour elle d’accepter nos gros vélos qui n’ont pas une taille « réglementaire ». Aucune discussion n’est possible c’est elle la cheffe, point barre. Nous voilà débarqués à midi dans une banlieue anonyme un peu assommés…. Vite on se ressaisit et entrons dans un autre train pour Nykøbing puis 25 km vélo dans la foulée pour rejoindre Gedser. Il est tard et il pleut, la nuit tombe, beaucoup de vent, un docker nous propose de dormir dans la gare maritime. Nous qui pensions dormir le soir à Prague nous voilà sous une tente de fortune faite avec les bancs entre le guichet automatique et les toilettes publiques, il y a des jours comme ça. Le lendemain ferry pour Rostock en Allemagne puis pédalage vers la gare où on loupe à 5 minutes le train pour Berlin. Il y a de l’orage maintenant mais il fait chaud ! On finit par rentrer dans le train suivant. A Berlin, on attrape le dernier train pour Prague qui n’est autre que le Copenhague -Prague, c’est à dire le train dont on a été virés la veille ! Le comble c’est que dans cette histoire jamais aucun contrôleur ne nous aura refait de réflexion et encore moins sortis du train. Donc nous arrivons à Prague à minuit avec un jour de retard et finalement tout ne roule pas si mal que ça. Ainsi ce sera terminée notre aventure scandinave. Cap maintenant sur l’Europe centrale. Bonne rentrée à tous ! Et merci pour vos messages chaleureux, on a de la chance de vous connaître 😃❤️

    Gøteborg et après …

    Kattegattleden

    Réserve naturelle de Grimsholmen

    Tylösand Beach

    Laxvik

    Camping sauvage et rencontre avec une famille allemande

    Château d’Helsingør

    Shelter Nivå et crevaison

    Copenhague

    Tivoli

    Maison Finn Juhl et musée Ordrupgaard

    Gare de Copenhague, Gare maritime de Gedser, Arrivée à Rostock, Train pour Berlin et Train pour Prague …

  • Alors là, on peut vous dire qu’on en a bavé ! Qu’on a mouillé le maillot et le kway ! Que ça a été vraiment dur mais aussi qu’on a vécu un moment fort.

    L’arrivée à Bergen était attendue comme un mythe car Bergen c’est évidemment la ville des Kings of convenience et leur musique qui a si souvent accompagnée nos soirées…. Bien sûr il pleut ce qui dans cette ville est une habitude. Du coup, la vie tourne autour de ses intérieurs ouatés, cosy, feutrés. À Bergen la pluie qui tombe fait de la musique, on est en tailleur dans son canapé devant une tasse de chocolat. Bref ici le rythme de la vie est tranquille. Ça fait du bien mais il est temps de repartir et la pluie ne s’arrête pas… tant pis on va y aller quand même ! Grosse erreur ! A midi le premier jour on est tellement dégoulinants, crevés qu’on fait demi tour. Le Patagonia et autre Gore-Tex ne suivent pas. On est secourus par une dame qui nous passe tout au sèche linge le temps du pique-nique qu’on mange en slip dans sa cuisine. Retour bredouille à Bergen où désespérés on reprend une nuit dans le même Airbnb et on réserve un billet de train pour le lendemain retour à Oslo (la météo n’annonce pas de mieux pour les prochains jours). No way for Norway.

    Mais le lendemain il pleut moins et les prévisions sont meilleures, on enrage d’avoir baissé les bras, au diable le train on retente notre chance en ayant bien compris qu’il n’y a cette fois-ci pas de retour en arrière possible. Toutes nos cartes sont tirées. Tapis. Dommage on a tiré 2 semaines de pluie ! 

    Deux  semaines de vêtements de pluie mouillés donc, de montage démontage de la tente sous la pluie, de repas sous des abris de fortunes. Bien sûr, il arrive que cela cesse et c’est alors des paysages magnifiques ! Mais très vite ça reprend comme les montées. Il faut le dire en Norvège pas un km de vélo n’est possible sans un peu de dénivelé (voire beaucoup). Deux  semaines de camping sauvage où nous avons eu à demander l’hospitalité d’un jardin plusieurs fois et où toujours l’accueil a été celui de gens surpris puis souriants et compréhensifs. Des vrais moments chaleureux avec Brit et la petite Frida, à Sandvikväg, où pendant qu’il tombe un vrai déluge on savoure ce qui est une institution Norvégienne : les gaufres ! Ici elles  sont rondes avec une structure qui la rend facilement divisible en parts en forme de cœur mais que tout le monde mange bien entière avec de la confiture ou mieux du brunost  (le fameux fromage marron) ! 

    Pensées aussi pour Martha qui voyant la route dangereuse à cause des travaux  nous propose de rester bien derrière nous pour empêcher les automobilistes imprudents de nous doubler au risque d’écraser les enfants. Bilan des courses un bouchon de 32 voitures à la sortie de la zone à risque.

    Nombreux encouragements sur le bord de la route, coups de klaxons et pouces en l’air, on en a même qui nous donne des trucs à manger car nous ayant dépassés quelques km avant dans la montée ont vu le truc venir et se mettent à l’entrée de la maison sur le bord de la route pour nous donner tout ça … on se croirait des fois dans une étape de montagne du Tour de France.

    L’itinéraire que nous suivons coupe à travers les îles et c’est une succession de ferrys électriques que nous prenons (toujours gratuit pour les vélos) pour avancer : la bonne excuse pour un peu de repos au chaud et au sec de cette pluie interminable. 

    À Østhusvik, il faut s’enregistrer sur internet pour que le bateau (qui est assez gros pour prendre des voitures) se détourne et passe nous chercher, toujours gratuitement. Cette journée-là ce sont Austin et Elza qui nous accueillent dans leur ferme avec séchage express dans la serre.

    Chaque jour on médite ce labor omnia vincit improbus : ligne de vie ou méthode Coué ? 

    Que diable faisons-nous dans cette galère ? Demanderait Géronte. 

    Et bien parce que quand le soleil arrive à faire un trou dans cette masse nuageuse, quand le vent se calme et que la pluie cesse on est alors seuls au monde à voir comme la nature est belle, comme les couleurs de la roche, de l’eau et des arbres se marient bien. En Norvège on se fait poète de la nature vierge. 

    Les photos prisent tenteront de  montrer un peu ça mais il ne restera pas d’image des moments difficiles car dans le dur on ne pense pas vraiment à sortir l’appareil. Ou alors Jean-Baptiste se fait hurler dessus car ce n’est vraiment pas le moment.

    La fin de parcours nous fait passer par ce qui est un haut lieu du tourisme Norvégien : le Preikestolen. Pour éviter le bus, on décide de partir du camping à pied pour une première partie  de randonnée franchement sauvage où c’est le gps du vélo qui fait la route et nous évite de se perdre dans la montagne. Arrivés au parking d’où partent les randonneurs, alors on est plus nombreux. Au sommet : grandiose ! 

    Puis c’est le retour vers Stavanger où on retrouve la pluie. Pas grave car on est fiers d’avoir réussi ce qui était notre objectif et surtout car le train de nuit nous ramène à Oslo où les températures chaudes et le soleil de l’été nous attentent.

    L’amitié a-t-elle une durée déterminée ? Faut-il se voir souvent pour rester amis ? Non : Jb retrouve Jørgen, un ami pas vu depuis 20 ans comme s’ils s’étaient quittés la veille. Renate, sa femme, est enceinte. Vrais moments de joie simple où on cuisine et on mange tout en confrontant nos impressions avec de vrais norvégiens après ce mois passé ici. Plus particulièrement, un sujet qui nous marque : le rapport intime des Norvégiens à la nature. Jørgen rentre d’un mois de tournage dans les montagnes où l’accès se fait après 5h de marche. Le sujet traité : promouvoir la nature auprès des jeunes. Renate, elle, a pour habitude de partir une douzaine de jours par an en camping sauvage avec sac à dos, tente et vivres pour ne pas avoir besoin de revenir à la civilisation pendant cette période. Elle nous raconte ce souvenir d’enfance de camping en hiver par -40°C avec son père…

    Requinqués, séchés et barbouillés de crème solaire nous reprenons la route vers le sud où le chemin nous permet de passer par la maison de Roald Amundsen au prix d’une côte qui restera un souvenir aussi fort que la maison elle-même. Et c’est quand quelques jours plus tard nous passons  à vélo devant la maison où il est né que là Cécile décrète l’overdose.

    Comme pour dire que la boucle est bouclée, nos 2 derniers jours en Norvège nous font passer par des routes que nous avons déjà pu prendre il y a plus d’un mois à l’aller. On reconnaît les paysages, les maisons et comme de vieux connaisseurs on file tout droit vers nos spots de campings sauvages. Une dernière glace Diplom Is saupoudrée de chocolat puis c’est la Suède où c’est la moisson. Jolis paysages avec un littoral découpé et plein de petites îles. Baignades, pédalo (histoire de pédaler un peu). Si la Norvège est rock, la Suède est pop, plus douce plus facile. La dolce vita à la scandinave.

    En Suède on est classe, on part se baigner en peignoir mais on sait aussi être plus popu : profusion de voitures tunées par des ados sans permis mais bridées à 45 km/h. Les filles en redemandent de ces boîtes de nuit ambulantes. Ingmar Bergman ou Avicii choisissez vos références le grand écart est possible. Ici aussi il est théoriquement autorisé de camper où on veut mais il y a une profusion de panneaux qui nous rappelle que là, ou encore là, c’est interdit. Pas grave les campings sont nombreux et c’est en Suède déjà la fin de la saison. Ce soir on n’était que 3 campeurs à dormir ici, ambiance déjà rentrée des classes même s’il fait encore très chaud. Demain nous serons à Goteborg.

    Bergen

    Chez Brit et Frida à Sandvikväg

    Hävik et les copains Luxembourgeois à Haugesund.

    Melkevik

    Østhusvik : camping à la ferme et arrêt privé du ferry

    Randonnée au Preikestolen

    Stavanger et train de nuit-retour Oslo.

    Chez Jørgen et Renate.

    Au revoir la Norvège, les campings sauvages, Roald Amundsen, Diplom Is, on reviendra …

    Premiers km en Suède, lessive et pédalo à Strömstad.

    Grebbestad

    De Fjällbacka à Fiskebäckskil

    Entre Grönvik et Myggenäs

  • Le temps passe vite ! Déjà 3 mois ! On traîne un peu à vous donner des nouvelles alors que le lot des découvertes est toujours aussi soutenu. N’attendons pas d’avantage et rembobinons jusque-là où nous en étions au dernier épisode.

    Nous vous avions laissés au Danemark vers Farsø en pleine remontée vers le Nord. Cette fois-ci plutôt que suivre les voies recommandées on décide de faire la route « maison » en fonction de ce que nous inspire la carte. Bilan des courses le souvenir d’une expérience solitaire : pas un chat sur les routes, dans les bourgs, aux shelters ou dans les campings. Paysages de champs où le blé est toujours en herbe et ou le vent le fait onduler comme une houle.

    Un soir grosse tempête : rafales impressionnantes  à 70 km/h (35 noeuds) avec pluie. On attend au fond du sac de couchage sans réussir à dormir. Les filles, elles, écrasent. Dès les premières heures du jour démontage dans l’urgence. Constat sans appel : la tente est trempée, elle est percée, des sardines ont volé dans la nuit et sont perdues, les arceaux qui font la charpente sont sérieusement voilés. On décide de tenter de partir malgré le vent dans le nez qui reste fort : refus d’obstacle. Au bout d’une heure on fait demi tour pour revenir au point de départ. C’est  bien la première fois de notre vie qu’on va plus vite dans la montée-retour, poussés par le vent, que dans la descente-aller. Belle leçon d’humilité : « dans la vie on ne perd jamais, on réussit ou on apprend » disait Nelson Mandela.

    L’arrivée sur la côte Nord nous réjouit on voit du monde et changement de décor : maintenant les maisons, toujours en bois,  sont plutôt peintes en noir, de plein pied et complètement camouflées dans un paysage de dunes. Grandes baies qui laissent entrevoir des intérieurs cosy comme nous raconte les magazines de déco.

    On retrouve la mer et ça fait du bien. Un après-midi, entre Blokhus et Løkken, la route nous fait carrément rouler sur le sable le long du rivage et là, ça n’est pas à cause de nous qui recommençons à inventer la route. C’est une vraie option routière. D’ailleurs on croise de nombreuses voitures qui suivent le même chemin sur le sable. L’occasion peut-être d’expérimenter la fonction 4×4 des SUV.

    Original, entre 2 dunes types Sahara, on monte dans le phare de Rubjerg Knude. On aura vraiment vu pleins de paysages différents au Danemark.

    À Hirtshals, dernier stop Danois où nous prendrons le ferry pour la Norvège, on rencontre par hasard Angelo qui vit sur son vélo depuis 5 ans et a déjà fait 45000 km. Alors  le soir, les filles et nous  prenons une belle leçon de vie à écouter les conseils et anecdotes de ce vieux boucanier philosophe. L’année dernière Angelo a passé 11 mois en Islande à vélo, il y a donc traversé toutes les saisons !


    La vérité c’est que toute la famille est très impatiente d’arriver en Norvège car jamais pays ne nous aura été autant encensé depuis la préparation de ce voyage. Nous ne sommes pas les seuls cyclistes à être impatients sur le quai pour rentrer dans le bateau. Il y a aussi ceux que les filles ont pris l’habitude d’appeler « les gars du cap nord « . Ce sont des cyclo-voyageurs souvent seuls, avec des vélos de gravel impeccables, un paquetage minimal et une tenue fashion qui visent le nord de la Norvège depuis un peu partout en Europe et se retrouvent concentrés là. Des gars qui sont capables d’avaler plus de 150 km par jour et pour certains jusqu’à 200 ! Discussions amusantes et joyeuses mais qui rappelle le mariage de la carpe et du lapin. Petite pensée pour Arthur, si tu nous lis, on espère que tu as trouvé une solution et pu rejoindre le cap Nord malgré ta carte d’identité perdue.

    Arrivée donc à Larvik pour un démarrage tonitruant :  d’abord il fait super chaud ! Plus qu’au Danemark. Et surtout c’est très montagneux ce qui risque de nous obliger à faire des choix. On repense au Devon, les cuisses recommencent à chauffer mais ça devient une évidence : plus c’est dur plus c’est beau. Parce que, oui on confirme : qu’est-ce que c’est beau la Norvège. La nature est imposante et les Norvégiens aiment ça vivre en extérieur, ils passent leur temps à faire du sport dehors : rando, vélo, ski à roulettes…

    Ensuite les norvégiens qualifiés pour le mondial sont super sympas. On passe 2 nuits à Granholmen, sorte d’île de Bréhat géante avec des tas de petits cailloux sur lesquels sont parfois construits de petites maisons de bois qu’on appelle cabines. Le patron, amateur de foot, nous ouvre la cafétéria pour regarder le quart de final des bleus. Ici, les gens attendent avec impatience le match des Norvégiens et quand, quelques jours plus tard ils seront éliminés rien n’aura changé à leur bonhomie : on reste supporter dans les bons comme dans les mauvais moments.

    Joséphine : « Nous avons visité la maison de Munch (cabane jaune) où nous avons pu pique-niquer« .
    Au hasard d’une pause à Åsgårdstrand, on s’arrête, en effet, dans le jardin de la maison de Munch, rencontre intéressante avec une guide qui nous fait visiter la petite cabane où vivait une partie de l’année cet artiste original qui est célèbre pour son tableau Le Cri.

    La Norvège est un vrai pays de montagnards habitués aux conditions hostiles, les phares des voitures ne suffisent pas, souvent sont rajoutés des phares au milieu, pare-buffles et grosses motorisations plutôt électriques. Ici il n’y a plus de shelter, peu de Warmshower, quelques campings. Le camping sauvage est autorisé : on peut dormir légalement n’importe où à condition d’être à plus de 150 mètres d’une habitation ce qui n’est pas très dur à trouver. Nous voilà donc partis pour une série de campings sauvages jusqu’à Oslo où un Airbnb et les grands-parents nous attendent pour passer 8 jours avec nous. Baignade quotidienne.

    À Oslo on laisse les enfants pour passer 24 h en amoureux dans le monde de Julie en 12 chapitres.
    Visite du musée du Fram où on retrouve les traces de la conquête des pôles. On voit la méticulosité légendaire dans la préparation des expéditions d’Amundsen et comment finalement nous aussi on mène une petite expédition : bon d’accord on n’a pas de chien de traîneau et on ne part pas sur la banquise mais on est quand même 9 maintenant (avec les grands-parents) et on a 27 sacoches et sacs sur les vélos.

    L’escale d’Oslo passée nous prenons le train pour Haugastøl pour un périple en vélo dans les montagnes en passant par Finse, Hallingskeid puis Flåm. Cette piste, la Rallarvegen est réputée comme étant la plus jolie piste vélo de Norvège. Nous ne sommes vraiment pas déçus. Paysages de montagnes, de lacs et de glaciers avec neiges éternelles aux sommets. Un jour on en croise même (presque sur le chemin), et aussi des cascades menant à des lacs où l’eau est bleue comme dans La Reine des Neiges (il paraît que la région a inspiré les paysages du dessin-animé). Le soir, pour plus de confort pour les grands-parents on dort dans de jolis petits hôtels ainsi que dans un refuge de montagne. A Finse, dans les années 70 l’hôtel a accueilli toute l’équipe de Star Wars car c’est ici qu’ils ont tourné les scènes de combat dans la neige. C’était le temps des costumes, des décors et des effets spéciaux sans passer par l’ordinateur.

    Jeanne : « Enfin, on arrive à la fameuse descente finale de la Rallarvegen, descente avec des pentes à 35% et 21 virages en tête d’épingle. Mais, bien que nous choisissions nos chères bicyclettes, on a aussi la possibilité de prendre une énorme zipline (tyrolienne) pour la descendre. Certains optent aussi pour le mode montée. Good luck ! Arrivée à Flåm au fond du fjord Sognefjord, on reste deux jours au camping. On goute la fameuse glace saupoudrée de chocolat ».

    Raphaëlle : « Nous nous sommes aussi baignés dans un fjord. Mais arrivés dans l’eau nous étions mieux dehors que dedans. L’eau du fjord était très froide« .

    Les grands-parents partent, nous voilà replongés dans notre voyage.

    Visite d’Undredal : là, on rencontre une petite communauté de français qui habitent dans ce village niché entre les montagnes norvégiennes. Découverte du fameux fromage marron norvégien sorte de Dulce de Leche qu’on mange à tout moment de la journée. Le plus courant est de le déguster en fines tranches sur des crackers avec un peu de confiture. D’aspect original, on est finalement assez conquis par ce fromage qui ressemble à un gros pain de haschich. Maxime, un fort sympathique nantais qui tient le café d’Undredal, nous fait gouter ses délicieux cookies fabriqués avec le brunost. France : « c’est un fromage comme de la pâte à modeler« .

    La suite c’est un bateau qui nous amène maintenant à Bergen .

    Coup de vent à Farsø. Løgstør puis Rhødus, Nørre Lyngby, Løkken : forêts et dunes au Nord du Danemark

    Vélo sur la plage entre Rødhus et Nørre Lyngby

    Camouflage anti-tempête de sable au phare de Rubjerg

    Belle rencontre et bon moment : Angelo à Hirtshals

    Premiers jours en Norvège : Granholmen. Jean-Baptiste et son nouveau copain, le tenancier du camping.

    Åsgårdstrand et la maison de Munch

    Camping sauvage sur le terrain de foot de Sjøhagen

    Camping sauvage, baignade et pêche aux crabes à Breivoll

    Visites des grands parents à Oslo, Maxime se baigne dans le fjord d’Oslo (trop tentant…)

    Musée du Fram : Jeanne, Raphaëlle et Amundsen, Jojo et Shackleton, les filles et les explorateurs du pôle Sud

    Train Oslo-Haugastøl

    On embarque les grand-parents sur la Rallarvegen : J1 Haugastøl-Finse

    Rallarvegen J2 : Finse – Hallingskeid

    Rallarvegen J3 : Hallingskeid-Flåm

    Flåm et Undredal

  • Nous voici donc rentrés en Scandinavie par le royaume du Danemark et pour une entrée en la matière nous ne sommes pas déçus !

    La météo capricieuse des dernières semaines a laissé place à un temps d’abord juste ensoleillé pour carrément devenir un temps d’été ! On a beau savoir que ce n’est pas normal, pour nous  cyclistes ça change tout ! On a maintenant un beau bronzage avec les marques du cuissard et aux pieds avec les marques des birkenstocks. Ici finalement il n’y aura eu qu’une journée de grosse chaleur limitée à 31 degrés ce qui est loin de la canicule passée dans le reste de l’Europe.

    L’étape de quelques jours dans la maison de Bo et Agnete à Ullerup aura d’abord permis de recharger les batteries. Une maison danoise a des fenêtres qui s’ouvrent toujours vers l’extérieur et leur fermeture se fait avec un système de crochets à l’usage assez pratique. On a aussi souvent un mât dans le jardin où flotte le drapeau rouge et blanc ce qui nous interroge avec les enfants sur la notion de patriotisme : quelles seraient les réactions si nous décidions de faire pareil en France avec un drapeau tricolore ? Pourtant, l’autre soir devant le match France-Norvège les filles étaient bien contentes de narguer les autres spectateurs  tous norvégiens et en très nette supériorité numérique. Liberté Egalité Dembele.

    Cette fois-ci c’est Jeanne puis France à nouveau qui ont perdu des dents. Le scorbut guette la famille Dagorne ce qui est étonnant vu le volume astronomique de framboises, mûres, fraises et myrtilles qui sont mangées à tous les repas.

    Depuis notre arrivée au Danemark, du changement dans nos  habitudes de camping : le Shelter ! Les filles adorent mais il leur aura fallu et à nous aussi un petit temps d’adaptation. Comme dirait Jeanne : « on va pas se mentir, c’est crazy ! « .  Les Danois ont gardé de leurs ancêtres, les Vikings, un goût prononcé pour la vie en pleine nature, la chasse et les feux de camp. Le Shelter est une sorte de cabane en bois assez grande (on rentre tout juste à 7 dedans) mais complètement ouverte sur l’extérieur. Devant on trouve un emplacement pour faire du feu et une grille pour faire à manger. C’est gratuit, parfois payant mais jamais cher. Il y en a partout, ça se localise via une application dédiée comme un géocache et c’est vraiment sympa 😊. Ça n’a plus rien à voir avec le camping de vacances. Un peu comme une initiation au camping sauvage, ce qui est parfaitement ce qu’il nous fallait pour nous lancer. Parfois il y a de l’eau et dans ce cas pour les plus téméraires c’est douche avec des gourdes et casseroles d’eau froide au coin du feu. Parfois des toilettes sèches. C’est toujours isolé et souvent devant des paysages de nature bien jolis au coucher du soleil comme au réveil. Le rituel est maintenant bien rôdé, comme dans Dr Quinn avec Sully :  d’abord lancer le feu, installer les sacs de couchage, ranger les chevaux à deux roues, puis faire à manger et cuire la viande au barbecue sur le feu pour aller avec le repas. Parfois au dessert chamallows grillés qui ici sont beaucoup moins sucrés et se mangent fondus entre 2 petits gâteaux secs. Ensuite, quand les enfants sont couchés on veille un peu au coin du feu et c’est toujours très apaisant. Depuis qu’on est arrivés au Danemark on suit cette routine presque tous les soirs et c’est un ravissement.

    Niveau géographique on a vraiment vu des paysages plutôt variés et toujours assez vallonnés ce qui rend la balade plus intéressante mais aussi plus sportive. Dans le Fyn, il y a la mer partout (d’un bleu glace unique) donc des îles mais aussi des bois et des champs. Incroyable l’odeur de fraises quand on passe devant des parcelles, bien plus sympa que devant les champs de choux. Après avoir passé deux nuits sur l’île d’Aerø nous avons longé la côte sud du Fyn par Svendborg, Aborg et Middelfart. Puis on quitte le Fyn pour arriver dans le Jylland via un pont qui surplombe la rencontre de la mer Baltique et de la mer du Nord. Petit à petit la mer laisse place à la campagne à perte de vue. La remontée vers le Nord, que l’on suit en passant par Vejle, Billund (stop oblige à Legoland), Hampen, Viborg est tellement rustique et peu habitée qu’il faut bien réfléchir aux stops et aux supermarchés au risque de se retrouver à court de nourriture (ou alors il va falloir nous mettre à la chasse). Dans nos sacoches pour 7, il nous est difficile de transporter plus que 24h de repas. Depuis 2 soirs nous sommes à Farsø dans un camping où les propriétaires nous permettent de passer un moment Hygge, terme danois qui n’a pas de traduction française et qui signifie partager entre amis ou en famille un temps de bien-être et convivialité dans une atmosphère chaleureuse.

    Les Danois sont assez peu nombreux ce qui explique peut être leur fort attachement à la terre et la nature. Dans les maisons, on voit souvent des trophées de chasse, des animaux empaillés. A l’occasion d’un succulent dîner chez Barbara et Per on apprend qu’on peut chasser à l’arc (même un ours !) et comment les chevaux ont aussi leurs caractères, vivent ensemble et comment se passent les naissances. Tak ! ( ça veut dire merci ).

    Ce profond attachement à la nature et à la terre va aussi avec un fort attachement aux traditions : La Saint Hans (Saint Jean) est l’occasion pour les voisins de se rassembler autour d’un grand feu pour fêter le solstice d’été (tout est l’occasion de faire un feu au Danemark) et chanter une chanson. Aussi et ça nous aura suivi tous ces derniers jours, il faut raconter que les lycéens ici célèbrent l’équivalent du bac dès la sortie de la dernière épreuve (en fait un contrôle continu valide l’examen bien avant et cette épreuve est un oral) avec leurs familles en portant une curieuse casquette blanche brodée à leurs noms. Un peu comme une casquette d’officier de marine. La semaine qui suit (la semaine passée pour nous) toutes ces bandes circulent tout autour du Danemark dans des camions avec la musique à fond et ce qu’il faut de bière. Bien sûr il y a le chauffeur qui évite les accidents (un papa ou un grand-frère, on suppose). Alors on entend régulièrement les camions passer autour de nous pendant nos trajets à vélo. Ça met l’ambiance !

    Évidemment on retrouve au Danemark la générosité qui nous accompagne depuis le début de notre voyage. Certains Danois ont installé des shelters dans leur jardin pour accueillir et rencontrer des campeurs. C’est le cas d’Allan qui emmène Jean-Baptiste et Jeanne en voiture faire des courses avant que l’on reparte à vélo car il n’y a pas de supermarché sur notre route. Il y a aussi Henrik qui vient nous livrer et nous offrir gratuitement un matelas gonflable dans notre Shelter du jour quand ça fait 3 jours que Jean-Baptiste dort sur un matelas à plat… La solidarité entre campeurs est très forte.

    Une autre rencontre qui nous aura marqué est celle d’une famille française de Chantilly, venue comme nous à Legoland pour le bonheur de leurs enfants. Amélie, Matthieu et leurs 3 garçons voyagent à vélo avec le même vélo que nous, un pino. Quel bonheur d’échanger avec eux ! On ressort avec des bons conseils pour le chargement de nos sacoches sur notre pino. Plus de poids à l’avant, moins à l’arrière donc plus d’inertie et un centre de gravité plus bas. Le vélo n’avance pas encore tout seul mais presque… Et comme nous, ils n’ont pas encore trouvé la solution pour que leur garçon de 7 ans assis à l’avant aide au pédalage du parent à l’arrière qui désespère de faire avancer cette grosse Bertha solo…

    Traverser le Danemark à vélo nous aura peut-être aidé à mieux comprendre la production artistique de ce pays :  la musique lancinante et analogique d’Agnès Obel ou le cinéma du dogme. D’ailleurs on retrouve nos lycéens à la fin du film Drunk dont la chanson phare lançait de façon obsédante : what a life …. Quelle vie en effet !

    Ullerup chez Bo et Agnete

    Sur la route d’Aerø

    Aerø, Aerøskobing, Svendborg, Fäborg

    Crevaison

    Shelters et autres

    Legoland, Maxime chez Peppa, des Français en Pino

    Bamboche

  • Depuis Texel nous avons pu poursuivre notre périple dans les îles de la Frise en rejoignant Vlieland dans des conditions rocambolesques puisque c’est un bateau de pêche qui nous dépose sur un banc de sable sur l’île en face que nous remontons en poussant les vélos à coté des phoques.

    Après avoir passé ces quelques jours  de « vacances » dans le voyage nous sommes retournés sur le continent et c’est déjà l’heure des choix : continuer en suivant la côte ou couper pour rejoindre la Scandinavie ? Entre les 2, 200 km de différence, c’est à dire une semaine de vélo (nous concernant). La décision est prise, on va avancer pour rejoindre plus vite le Danemark en passant par les terres. Départ Harlingen donc, direction l’Allemagne pour une ligne droite de plusieurs dizaines  de km…. Mais le vent de travers et le pédalage le long de la voie rapide ont vite raison de notre motivation : à Leeuwarden on monte in extremis dans un train qui nous mène à la frontière avec l’Allemagne. Sans regret, il se met à pleuvoir pour tout l’après midi.

    Le lendemain nous entrons en Germany, 4 fois championne du monde. Ici tout est prêt les drapeaux flottent accrochés aux voitures. 

    Comme en Hollande, paysage de polders avec des pistes cyclables même si on se retrouve plus souvent sur des petites routes de campagne. 

    L’engagement de ce blog c’était de raconter la vraie vie de notre périple sans cacher les difficultés : le temps assez froid, la pluie et les nombreux nuages ne nous  auront pas aidé à profiter de ces paysages de champs plats avec éoliennes. 60, 63, 69 km par jour…. Nous multiplions les journées de pédalage intensives dans ces conditions difficiles. Souvent, le soir les derniers km sont laborieux, les jambes sont lourdes et les filles en ont marre. Raphaëlle appelle ces moments les 3F du malheur : « Froid, Faim, Fatigue« . 

    Non vraiment, le gros coup de cœur que nous aurons pu avoir pour l’Allemagne ce sera plutôt retrouvé dans les rencontres que nous aurons pu y faire. « Partout un ami » disait Kessel. Suzanne et Heiko qui découvrent Warmshower avec nous (leur fil ayant accepté notre demande et devant notre nombre  nous a redirigé vers chez ses parents), Suzanne et Klaus-Peter et leur chien Bruno dans leur ferme à Varel ou Dagmar et Andreas, qui nous voyant désemparés devant la maison de leurs voisins (qui nous avait fait faux-bon) nous ont accueillis chez eux. Ça devient un peu « J’irai dormir chez vous » notre truc.

    Ici, on petit déjeune copieux, salé pour le bonheur de Jeanne et Joséphine.  Beaucoup de céréales aussi ! C’est dingue la quantité de graines qu’on mange. Rarement des desserts et le soir quasi pas de dîner, juste un petit en cas vers 18h.

    L’Allemagne est vraiment un pays frère de la France et même si l’histoire de nos grands parents a pu être dramatique on a vraiment l’impression de souvent bien se comprendre et s’apprécier. Jorgen et Karen ont pu voyager à vélo avec leurs trois jeunes enfants et leur chien en 2018 : on reste 2 jours chez nos vieux nouveaux amis : on a tellement à se raconter. Les discussions tardent le soir quand les enfants sont couchés. Soirée pizza maison mémorable tout comme le café du matin.

    Puis c’est la remontée vers le Nord, une terre, qui il y a 2 siècles, était Danoise (jusque en 1864 le duché de Schleswig  et de l’Holstein étaient rattachés au royaume du Danemark). Le temps ne s’arrange pas mais on tient bon. Après une journée désastreuse concentrée en 3F du malheur et 52km on écourte notre pédalage allemand par un train entre Rendsburg et Flensburg. Un dernier Schnitzel à Flensburg dans une brasserie historique et nous voilà en Scandinavie. Ce soir c’est le premier match de la Mannschaft. Vous savez, comme disait Garry Lineker :  » le football, ce sport qui se joue à 11 contre 11 avec un ballon pendant 90 minutes, et à la fin, …. « 

    Transfert Texel-Vlieland

    Vlieland

    Allemagne : Westerstede chez Heiko et Suzanne, Varel dans une ferme, Oelixdorf chez Dagmar et Andreas …

    Allemagne : une famille comme nous à Bederkesa, la grisaille et la pluie toujours avec nous, un phare à Krautsand, fête du hareng à Gluckstäd, réparation à Jahrsdorf, brasserie à Flensbourg

    Arrivée au Danemark quelques km après Flensbourg

  • Cette semaine nous avons fêté notre 1000ème km 😀. De l’eau a coulé sous les ponts depuis notre départ du Tower Bridge jusqu’à nous amener ici à Texel, grande île de l’archipel de la Frise tout au Nord des Pays-Bas. Imaginez un campement complètement isolé  dans un polder sans aucun vis à vis autre que le phare à 20 km mais avec quand même tout le confort d’une maison moderne. Encore une énorme surprise que par hasard nous avons pu trouver (merci Ivo !). 

    Ici, un peu comme dans toutes les îles, le temps passe plus lentement, tout est apaisé. On voit partout les oiseaux migrateurs qui commencent à revenir de leurs vacances au soleil. Beaucoup de moutons aussi et des lapins. Les poules sont en liberté car pas de renard ni de taupe sur l’île. 

    Pour arriver jusqu’ici il nous a d’abord fallu remonter l’Angleterre à travers l’Essex. Le grand week-end férié nous a permis de profiter de routes désertes sous un soleil d’été. La fin de notre voyage en Angleterre aura été marquée par la rencontre avec Alison et Andy. Cécile a fait leur connaissance au magasin Hase Bike de Londres, ils y étaient venus pour essayer un pino. Il aura suffit qu’Oliver leur raconte notre histoire et une brève rencontre pour qu’ils nous invitent à séjourner chez eux lors de notre passage à Chelmsford, sur la route pour le ferry. Nous y sommes restés 2 nuits et avons apprécié les bons petits plats d’Alison, le confort de leur maison pour faire l’école, et surtout le sèche cheveux qu’Alison a proposé à Cécile pour son brushing ! Tous les deux grands lecteurs, Andy est un fin connaisseur d’histoire de marins et d’aventuriers d’Angleterre …. Jean-Baptiste est comme un enfant (d’ailleurs il faut absolument connaître la vie de Tom Crean, qui a à la fois participé à la malheureuse expédition de Scott mais était aussi sur l’Endurance de Shackelton sic !) 

    Harwitch : Un denier fish and chips et nous voilà partis  sur une mer du Nord plate et dans une température caniculaire. Porte-conteneurs et champs d’éoliennes off shore gigantesques ! 

    7 heures plus tard, voici la  Hollande, l’autre pays du fromage, un autre royaume aussi, où comme dit Maxime : «  les vélos c’est comme si c’était des voitures ». Depuis notre arrivée pas un km hors d’une piste cyclable. Pas un gravier sur les routes. Jeanne s’entraîne à faire du vélo en lâchant le guidon sur des km. Ici le vélo est culturel et on ne rigole pas avec ça : beaucoup de monde, il nous faut bien suivre les règles. C’est finalement là le danger : l’accident avec un autre deux roues ! Peu de Warmshower. Aux Pays-Bas, on se déplace mais finalement on voyage peu avec son vélo.

    Nous retiendrons Delft : sorte de mini Amsterdam, en mieux, avec ses rues pavées, des canaux et des petits ponts. Pas de touriste en masse. Des ados qui pianotent des sms en roulant, les coudes sur le guidon (pas besoin de frein, les vélos sont à pignon fixes). Des jolis petits couples où la jeune fille se promène en amazone sur le porte bagage avant de son amoureux… on a vu ça plein de fois !  

    Hans et Marina sont des amis que nous retrouvons. Ils habitent à 1h de route de Delft dans la direction opposée de notre trajet. Alors ils sont venus nous rejoindre pour partager une soirée. On est accueillis comme des rois avec des ballons pour fêter nos retrouvailles et de la confiture maison confectionnée par Marina ! Un moment super . 

    Puis c’est la remontée le long du rivage, Noordwijk, Zandvoort, Velsen… Sous le soleil, les dunes ici ont un faux air de notre sud-ouest sauf qu’au détour d’un virage on fait la rencontre de vaches écossaises en liberté (sorte d’énormes bisons). Puis Schoorl, chez Ivo, notre seul Warmshower Hollandais jusqu’à présent. Quel bonheur de retrouver cet accueil chaleureux, on discute, on échange, les filles font leur petit numéro sur le trampoline du jardin. On se sent bien et on apprend tellement de choses sur le pays.

    Nous comprenons que la météo et les reliefs  ne sont  pas les seuls paramètres à surveiller : le vent aussi ! L’expérience d’une journée dans les dunes vent de face nous limite à 30 km alors qu’on était sur du plat. Trois jours plus tard le vent dans le dos nous en faisons le double sans difficulté.

    Les Pays-Bas sont hyper branchés prévention :  à l’entrée des plages, distributeurs gratuits de crème solaire, et lundi dernier comme chaque premier lundi du mois à midi on a eu le droit, comme chaque propriétaire d’un téléphone portable, à un sms du ministère de la santé nous enjoignant à nous rapprocher d’eux si nous ressentions un quelconque problème médical.

    Côté cuisine, fromage bien sûr, hareng cru validé par les filles mais s’il est noyé dans des oignons crus et des cornichons émincés. On aime aussi les poffertjes (sorte de petites crêpes au sucre), chocolat Tonys et bien sûr la confiture de Marina !  

  • Visiter une mégalopole comme Londres en groupe n’est peut être pas la solution la plus simple surtout quand c’est avec des enfants de 3 à 12 ans qui ont chacun un rythme et des aspirations diverses. Il faut ménager chacun, départager les attentes, régler les conflits, faire l’école et entre tout ça tenter d’imposer un peu ce que papa et maman veulent aussi faire ! Finalement, un vrai exercice de parentalité cette étape Londonienne qui grâce ou à cause du petit Potter aura duré 1 semaine (on a pourtant pris nos billets à notre arrivée en Angleterre il y a 1 mois, mais que voulez-vous il est la star !). Oubliez Paddington, James Bond, Sherlock Holmes  et le roi Charles le cool ici c’est Harry (pas le prince).

    Nous avons donc séjourné à Dulwich pour la simple et bonne raison, que c’est là que se trouve le « Hase bike Shop« , marque de nos tandems sur lesquels nous avions quelques réparations à faire. Oliver (le propriétaire du magasin) nous avait conseillé le camping de Dulwich, très bon plan pour visiter Londres. Nous étions à seulement 10 minutes de transport en commun du centre de Londres et en même temps suffisamment loin du tumulte Londonien pour y retrouver de grands espaces verts mais aussi de magnifiques demeures. Nous avons eu la chance de bénéficier d’un logement en dur (l’avantage des voyages hors saison touristique … ) pour nous protéger de cette semaine de grisaille, de pluie et de froid, plus facile que sous la tente pour faire l’école.

    On a quand même pu montrer aux filles Big Ben, Westminster, Buckingham palace, la déco rococo égyptienne de Harrods, Covent Garden et bien sûr la colonne de Nelson (qui s’appelait Horatio ) sur Trafalgar square. En échange de quoi les filles ont pu nous expliquer ce qu’est du bubble tea et la différence immense qu’il y a entre Gryffondor et Serpentard. À ce jeu, on a trois expertes avec nous.

    Cette semaine, c’est France qui a perdu sa première dent dans une focaccia d’Ottolenghi. Encore une fois la fée est venue apporter, bien sûr, la livre qui bien sûr a terminé au musée de… vous savez qui.

    A noter : ne cherchez pas à pique-niquer dans un parc du quartier de Chelsea ils sont tous vides mais privatisés et donc inaccessibles aux non-résidents.

    Côté transports : vélo. Il y a beaucoup de pistes et sincèrement on ne s’est pas sentis en danger. Chouette de passer le Tower Bridge à 2 roues ou sous la Tamise à Greenwich par le tunnel piéton-vélo. Greenwich et son méridien, l’occasion d’ailleurs, d’une petite leçon de géographie.

    On a pas mal fait du train aussi, du bus (toujours à l’étage sur les fauteuils tout devant ) et du métro (où les fauteuils sont orientés le long de la rame à droite et à gauche). Pour tout ça on paye avec la oyster card, ce qui littéralement se traduit par carte huître. Que personne ne touche au bouton pour demander le passage au vert des piétons ou l’arrêt du bus à la station sinon Maxime saura vous rappeler à l’ordre dans un anglais qui a l’air bien compréhensible.

    On a testé les taxis Londoniens qui ont l’avantage de pouvoir contenir une famille de 7 personnes mais pour autant le bus et le vélo restent nos favoris.

    À la librairie française, on nous dit que la population des français fait de cette ville la 5eme plus grande ville de France. Pensées pour le temps de l’appel du 18 juin, où le même métro que l’on prend aujourd’hui servait d’abris contre les bombardements 

    Resterons comme des souvenirs forts, la Battersea station qui est un bel exemple d’architecture style britannique restaurée. Clin d’oeil à Pink Floyd . 

    Aussi grâce a notre ami Kaval on a pu faire une belle virée en zodiac sur les canaux de Camden. 

    Enfin, en mettant les vélos dans le train, la maison de Darwin à Downe, dans la grande banlieue de Londres, où il a pu vivre les 40 dernières années de sa vie avec sa femme (qui avait comme professeur Chopin) et ses 10 enfants. Etudiant avec eux la nature alentour et écrivant un livre qui, aujourd’hui, est considéré comme la base de la biologie contemporaine. 

    On en oublierait presque de vous parler d’Harry Potter et du musée que Warner Bros a consacré à ses adaptations au cinéma : et bien ça dure 3 h, ça fait crier les enfants de joie, ça les fait vous dire que vous êtes des parents supers alors que ça fait 4 jours que vous les grondez tout le temps bref c’est un truc sympa ! 

    Pour quitter Londres, il nous aura encore fallu 2 jours de vélo à travers les banlieues mais cette fois sous le soleil ! On a retrouvé avec joie le countryside après avoir traversé le Dagnam Park qui est une réserve naturelle protégée abritant des troupeaux entiers de biches et de cerfs.